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jeudi 30 juillet 2009

[P] - La mécanique du coeur...

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"Tout le plaisir et toute la joie que l'amour peut faire ressentir se paient un jour ou l'autre en souffrances. Et plus on aime fort, plus la douleur à venir sera décuplée. Tu connaîtras le manque, puis les affres de la jalousie, de l'incompréhension, la sensation de rejet et d'injustice. Tu auras froid jusque dans tes os, et ton sang fera des glaçons que tu sentiras passer sous ta peur. La mécanique de ton cœur explosera. »


La mécanique du coeur de Mathias Malzieu – p 33 de l’édition flamarion.


Gerges Méliès hoche la tête en lissant sa moustache. Il cherche ses mots comme un chirurgien choisirait ses instuments.

- Si tu as peur de te fraie mal, tu augmentes les chances, justement de te faire mal. Regarde les funambules, tu crois qu'ils pensent au fait qu'ils vont peut être tomber lorsqu'ils marchent sur la corde raide ? Non, ils acceptent ce risque, et goutent le plaisir que braver le danger leur procure. Si tu passes ta vie à faire attention de ne rien te casser, tu vas terriblement t'ennuyer, tu sais... Je ne connais rien de plus amusant que l'imprudence ! regarde toi ! je dis "imprudence" et tes yeux s'allument...[...]"


« Sois imprudent, et surtout donne,
Donne-toi sans compter »


- ça ne marche pas à tous les coups, je ne te garantis rien, je viens moi-même d'échouer avec celle que je croyais être la femme de ma vie. Mais aucun "truc" ne marche à tous les coups de toutes façons".


La mécanique du coeur de Mathias Malzieu – p 70  et 71 de l’édition flamarion.


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jeudi 23 avril 2009

[P] - Le renard et le petit prince

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C'est alors qu'apparut le renard.

- Bonjour, dit le renard.
- Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien.
- Je suis là, dit la voix, sous le pommier.
- Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli...
- Je suis un renard, dit le renard.
- Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste...
- Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.
- Ah! pardon, fit le petit prince. Mais, après réflexion, il ajouta : · Qu'est-ce que signifie " apprivoiser " ?
· Tu n'es pas d'ici, dit le renard, que cherches-tu?
· Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu'est ce que signifie " apprivoiser " ?
- Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C'est bien gênant! Ils élèvent aussi des poules. C'est leur seul intérêt. Tu cherches des poules ?
- Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu'est-ce que signifie " apprivoiser " ?
- C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie " créer des liens... "
- Créer des liens ?
- Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi , qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...

- Je commence à comprendre, dit le petit prince. Il y a une fleur... je crois qu'elle m'a apprivoisé...
- C'est possible, dit le renard. On voit sur la Terre
toutes sortes de choses...
- Oh! ce n'est pas sur
la Terre, dit le petit prince.
Le renard parut très intrigué :
- Sur une autre planète ?
- Oui.
- Il y a des chasseurs, sur cette planète-là ?
- Non.
- Ça, c'est intéressant! Et des poules ?
- Non.
- Rien n'est parfait, soupira le renard.

Mais le renard revint à son idée :
- Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m'ennuie donc un peu. Mais, si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé... Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince : - S'il te plaît... apprivoise-moi ! dit-il.
- Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n'ai pas beaucoup de temps. J'ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.
- On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi !
- Que faut-il faire ? dit le petit prince.
- Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'oeil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près...

Le lendemain revint le petit prince.
· Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l'après-midi, dès trois heures je commencerai d'être heureux. Plus l'heure avancera, plus je me sentirai heureux. À quatre heures, déjà, je m'agiterai et m'inquiéterai; je découvrirai le prix du bonheur! Mais si tu viens n'importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m'habiller le coeur... Il faut des rites.
- Qu'est-ce qu'un rite ? dit le petit prince.
- C'est aussi quelque chose de trop oublié, dit le renard. C'est ce qui fait qu'un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures. Il y a un rite, par exemple, chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux ! je vais me promener jusqu'à la vigne. Si les chasseurs dansaient n'importe quand, les jours se ressembleraient tous, et je n'aurais point de vacances.
Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l'heure du départ fut proche : - Ah! dit le renard... je pleurerai.
- C'est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t'apprivoise...
- Bien sûr, dit le renard.
- Mais tu vas pleurer! dit le petit prince.
· Bien sûr, dit le renard.
· Alors, tu n'y gagnes rien !
· J'y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé. Puis il ajouta : - Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d'un secret.
Le petit prince s'en fut revoir les roses.
- Vous n'êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n'êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisées et vous n'avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n'était qu'un renard semblable à cent mille autres. Mais j'en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.
Et les roses étaient gênées.
- Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu'elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c'est elle que j'ai arrosée. Puisque c'est elle que j'ai mise sous globe. Puisque c'est elle que j'ai abritée par le paravent. Puisque c'est elle dont j'ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c'est elle que j'ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c'est ma rose.

Et il revint vers le renard : - Adieu, dit-il...
- Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux.
- L'essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.
- C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
- C'est le temps que j'ai perdu pour ma rose... fit le petit prince, afin de se souvenir.
- Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose...
- Je suis responsable de ma rose... répéta le petit prince, afin de se souvenir .

Extrait du Petit Prince de Antoine de Saint Exupéry (chapitre XXI)

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lundi 6 avril 2009

[P] - Prévert - Familiale

FAMILIALE

La mère fait du tricot
Le fils fait la guerre
Elle trouve ça tout naturel la mère
Et le père qu'est ce qu'il fait le père ?
Il fait des affaires
Sa femme fait du tricot
Son fils fait la guerre
Lui des affaires
Il trouve ça tout naturel le père
Et le fils et le fils
Qu'est ce qu'il trouve le fils ?
Il ne trouve rien absolument rien le fils
Le fils sa mère fait du tricot son père des affaires lui la guerre
Quand il aura fini la guerre
Il fera des affaires avec son père
La guerre continue la mère continue elle tricote
Le père continue il fait des affaires
Le fils est tué il ne continue plus
Le père et la mère vont au cimetière
Ils trouvent ça tout naturel le père et la mère
La vie continue la vie avec le tricot la guerre les affaires
Les affaires la guerre le tricot la guerre
Les affaires les affaires et les affaires
La vie avec le cimetière.

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samedi 14 février 2009

[P] - Sur l'amour...

Les sentiments et la tendresse
                  sont les deux organes principaux de l'amour.      - Anonyme -                

Quand l'amour traverse ta vie,
                  il prend des chemins surprenants. - Orchydia C. -                

nifub8itDes paroles de douceur,
                  Des moments de bonheur.
                  Des regards échangés,
                  Un zeste de complicité.
                  Des étoiles dans les yeux,
                  La joie d'être deux.
                  Main dans la main,
                  Suivre le même chemin.
                  Des rêves plein le coeur,
                  Que du plaisir, aucune rancoeur.
                  Aimer et oublier
                  Les blessures du passé.
                  Juste la magie de l'amour,
                  Une belle vie pour toujours.

                  - Julie Jamar -

Aimer et être aimé, c'est sentir le soleil des deux cotés. - David Viscott fond_decran_amour_rose-                

Ce qui ressemble à l'amour est toujours de l'amour. - Tristan Bernard -                

Aimer c'est se comprendre
                  Sans se parler.
                  Aimer c'est apprendre
                  à se respecter.

                  L'amour est un cadeau,
                  Qu'il ne faut refuser,
                  Car c'est le plus beau
                  Que l'on peut espérer.

                  Aimer, c'est avoir le coeur
                  Qui ne bat que pour l'être,
                  Qui nous donne du bonheur
                  Et nous apporte le bien être.

                  L'amour est comme une fleur,
                  Doucement il s'épanouit.
                  C'est un état de douceur
                  Qui rend si belle la vie.

                  Aimer, c'est offrir à l'être aimé
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                  Sans rien attendre en retour.
                  Aimer, c'est donner sans compter,
                  C'est offrir tout son amour.

                  L'amour est un état d'esprit,
                  Pleins de moments uniques
                  Qui remplissent notre vie
                  D'instants magiques.

                  Aimer, c'est offrir son coeur
                  Et se donner entièrement.
                  Il  ne faut pas avoir peur
                  De ses sentiments.

                  L'amour est la plus belle faveur
                  Que peut nous apporter notre existence.
                  C'est une grande douceur
                  Dans ce monde de violence.

                  - Patricia Calmeiro -                

On n'apprend pas à aimer.

                 L'amour vient au détour du chemin
                 sans que l'on s'y attende.

                 Il nous prend par la main
                 et on le suit très loin...

                  - Nadège Langhendries -                


normal_amour_00005Parce que l'amour est avant tout un don de soi,
                 la meilleure façon de dire je t'aime
                 est encore de dire merci.

                  - Florent Joly -
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jeudi 11 décembre 2008

[P] - Prévert - Il n'avait peur de personne

UN BEAU MATIN

Il n'avait peur de personne
Il n'avait peur de rien
Mais un matin un beau matin
Il croit voir quelque chose
Mais il dit Ce n'est rien
Et il avait raison
Avec sa raison sans nul doute
Ce n' était rien
Mais le matin ce même matin
Il croit entendre quelqu'un
Et il ouvrit la porte
Et il la referma en disant Personne
Et il avait raison
Avec sa raison sans nul doute
Il n'y avait personne
Mais soudain il eut peur
Et il comprit qu'Il était seul
Mais qu'Il n'était pas tout seul
Et c'est alors qu'il vit
Rien en personne devant lui

(Jacques Prévert - Histoires)


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mardi 28 octobre 2008

[P] - Prévert - L'accent grave

Jacques Prévert. "L'accent grave"
(écrivain français 1900-1977)

Le professeur
Élève Hamlet!

L'élève Hamlet (sursautant)  
... Hein... Quoi... Pardon.... Qu'est-ce qui se passe... Qu'est-ce qu'il y a... Qu'est-ce que c'est?...

Le professeur (mécontent)
Vous ne pouvez pas répondre "présent" comme tout le monde? Pas possible, vous êtes encore dans les nuages.

L'élève Hamlet
Être ou ne pas être dans les nuages!

Le professeur
Suffit. Pas tant de manières. Et conjuguez-moi le verbe être, comme tout le monde, c'est tout ce que je vous demande.

L'élève Hamlet
To be...

Le professeur
En Français, s'il vous plaît, comme tout le monde.

L'élève Hamlet
Bien, monsieur. (Il conjugue:)
Je suis ou je ne suis pas
Tu es ou tu n'es pas
Il est ou il n'est pas
Nous sommes ou nous ne sommes pas...

Le professeur
(excessivement mécontent)
Mais c'est vous qui n'y êtes pas, mon pauvre ami! 

L'élève Hamlet
C'est exact, monsieur le professeur,
Je suis "où" je ne suis pas
Et, dans le fond, hein, à la réflexion,
Être "où" ne pas être
C'est peut-être aussi la question.

Ce texte est extrait de Paroles

 

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jeudi 10 juillet 2008

[P] - Jacques Prévert - Je suis comme je suis

Vous savez que j'ai un petit faible pour Jacques Prévert ?....
Une petite pour la route !.... bonne journée à tous


Je suis comme je suis

Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Quand j'ai envie de rire
Oui je ris aux éclats
J'aime celui qui m'aime
Est-ce ma faute à moi
Si ce n'est pas le même
Que j'aime chaque fois
Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Que voulez-vous de plus
Que voulez-vous de moi
Je suis faite pour plaire
Et n'y puis rien changer
Mes talons sont trop hauts
Ma taille trop cambrée
Mes seins beaucoup trop durs
Et mes yeux trop cernés
Et puis après
Qu'est-ce que ça peut vous faire
Je suis comme je suis
Je plais à qui je plais
Qu'est-ce que ça peut vous faire
Ce qui m'est arrivé
Oui j'ai aimé quelqu'un
Oui quelqu'un m'a aimée
Comme les enfants qui s'aiment
Simplement savent aimer
Aimer aimer...
Pourquoi me questionner
Je suis là pour vous plaire
Et n'y puis rien changer.

                                                      Jacques Prévert

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vendredi 4 avril 2008

[P] - Citations - Einstein

Albert Einstein (1879 - 1955)
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physicien américain
d'origine allemande

Albert Einstein (né le 14 mars 1879 à Ulm en Allemagne et mort le 18 avril 1955 d'une rupture d'anévrisme). Il a reçu le prix Nobel de physique en 1921 pour son explication de l'effet photoélectrique. Son travail est notamment connu pour l'équation E=mc² qui explique la puissance de l'énergie nucléaire

La connaissance s'acquiert par l'expérience.
Tout le reste n'est que de l'information.

Si vous ne pouvez expliquer un concept à un enfant de six ans,
c'est que vous ne le comprenez pas complètement.

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne.
La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sais pourquoi.
Ici, nous avons réuni théorie et pratique : rien ne fonctionne...
et personne ne sais pourquoi.

La chose la plus importante est de ne pas s'arrêter de s'interroger.
La curiosité a sa propre raison d'exister.

Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure.
Asseyez vous auprès d'une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute.
C'est ça la relativité.

Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine.
Mais, en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue.

 Un problème sans solution est un problème mal posé
 

Pour être un membre irréprochable parmi une communauté de moutons,
il faut avant toute chose être soi-même un mouton.

La valeur d’un homme
tient dans sa capacité à donne
et non dans sa capacité à recevoir

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mardi 16 octobre 2007

[P] - de Marc Lévy

« C'est fou comme le fait de bénéficier d'une reconnaissance,
aussi infime soit-elle, peut vous mettre du baume à l'âme.
Finalement, se sentir anonyme auprès des gens qui vous côtoient
est une souffrance bien plus importante qu'on ne le suppose,
c'est comme si on était invisible. »

«Un homme peut se résoudre à l'idée de perdre sa vie,
mais pas à l'absence de ceux qu'il aime.»

 

«On est tous l'étranger de quelqu'un.»

Marc Lévy - Les enfants du paradis

 

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mercredi 29 août 2007

[P] - Morceaux de Prévert

PAGE D'ÉCRITURE

Deux et deux quatre
  quatre et quatre huit 
huit et huit font seize...
  Répétez! dit le maître
  Deux et deux quatre
  quatre et quatre huit
  huit et huit font seize.
  Mais voilà l'oiseau-lyre
  qui passe dans le ciel
  l'enfant le voit
  l'enfant l'entend
  l'enfant l'appelle:
  Sauve-moi
  Joue avec moi
  oiseau!
  Alors l'oiseau descend
  et joue avec l'enfant
  Deux et deux quatre...
  Répétez! dit le maître
  et l'enfant joue
  l'oiseau joue avec lui...
  Quatre et quatre huit
  huit et huit font seize
  et seize et seize qu'est-ce qu'ils font ?
  Ils ne font rien seize et seize
  et surtout pas trente deux
  de toute façon
  et ils s'en vont.
  Et l'enfant a caché l'oiseau
  dans son pupitre
  et tous les enfants
  entendent sa chanson
  et tous les enfants
  entendent la musique
  et huit et huit à leur tour s'en vont
  et quatre et quatre et deux et deux
  à leur tour fiche le camp
  et un et un ne font ni une ni deux
  un à un s'en vont également.
  Et l'oiseau-lyre joue
  et l'enfant chante
  et le professeur crie:
  Quand vous aurez fini de faire le pitre !
 
  Mais tous les autres enfants
  écoutent la musique
  et les murs de la e
  s'écoulent tranquillement.
  Et les vitres redeviennent sable
  L'encre redevient eau
  Les pupitres redeviennent arbres
  La craie redevient falaise
  Le porte-plume redevient oiseau

   


LE CANCRE

Il dit non avec la tête
 
mais il dit oui avec le coeur
 
il dit oui à ce qu'il aime
 
il dit non au professeur
 
il est debout
 
on le questionne
 
et tous les problèmes sont posés
 
soudain le fou rire le prend
 
et il efface tout
 
les   chiffres et les mots
 
les dates et les noms
 
les phrases et les pièges
 
et malgré les menaces du maître
 
sous les huées des enfants prodiges
 
avec les craies de toutes les couleurs
 
sur le tableau noir du malheur
 
il dessine le visage du bonheur.

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