Massarotto___La_petite_fille_qui_aimait_la_lumi_reCyril Massarotto
La petite fille qui aimait la lumière

Editeur : Xo – Edition
Date de sortie : 2011
Genre littéraire : roman
Nombre de pages : 298
Lu dans le cadre de : partenariat
Note : 5/5

4ème de couverture :

Barricadé dans sa maison au coeur d’une ville déserte, un vieil homme prend des risques fous pour recueillir une petite fille blessée. L’enfant ne parle pas, elle ne prononce qu’un mot : Lumière, elle qui a si peur du noir. Alors le vieillard parle, il lui raconte la beauté de la vie d’avant, les petites joies du quotidien, son espoir qu’on vienne les délivrer. Il lui enseigne la possibilité d’un avenir, quand elle lui offre de savourer le présent.

Cyril Massarotto explore avec toute la finesse et la profondeur à laquelle il nous a accoutumés depuis son premier livre, Dieu est un pote à moi, la relation filiale qui se noue entre ces deux êtres que tout oppose.

Mon avis :

Pourquoi ce livre ?

Parce que j’avais été prise sous le charme de l’écriture de Massarotto lors de ma lecture de Je suis l’homme le plus beau du monde , j’avais continué avec Dieu est un pote à moi, que j’avais moins apprécié au niveau de l’histoire, mais la plume toujours aussi envoûtante. Alors lorsqu’un partenariat s’est présenté sur Livraddict pour ce titre, je n’ai pu résister à la tentation de me porter volontaire !....

Un grand merci à livraddict_logo_small et à ScreenShot001 pour m’avoir permis de continuer mon exploration de cet auteur à la plume pleine de sensibilité.

L’histoire :

Au départ, nous ne savons pas grand-chose…

Un vieil homme qui recueille une petite fille d’une 10ène d’année. Puis petit à petit on apprend qu’il y a eu une guerre qui a débuté il y a 8 ans.
Le vieil homme vis seul dans sa maison dans une ville déserte et n’a vu personne depuis 4 ans.
La petite fille vit « en dessous » avec d’autres gamins âgés de pas plus de 18 ans… Chacun se cachant, à l’abri, des autres….
Et puis il y a « les autres »…..

La fillette est muette mais ils apprennent à communiquer malgré tout, lui en lui posant des tas de questions, elle, en faisant de grands gestes pour mimer les situations, ils apprennent ainsi à se connaître…. A s’aimer… Elle ne veut pas retourner « en dessous », elle trouve chez lui tout ce dont elle a toujours rêvé, il lui apporte surtout la lumière et la nourriture dont elle a toujours manqué « en bas ». Le vieil homme lui apprend les choses de la vie… Elle lui apporte une présence, quelqu’un à chérir, et surtout l’espoir… mais aussi lui rappelle sa petite Lisa…

Il la prénom « lumière » car c’est le seul mot qu’elle est capable de prononcer, elle qui n’a jamais eu de prénom de toute sa petite vie est aux anges, elle le baptise après mures réflexions « Monsieur papi ».

Tous deux ont peur, mais tous deux trouvent du réconfort auprès de l’autre.

Au fur et à mesure des pages, on en apprend un peu plus sur le vieil homme, sa famille, Catherine, sa femme, Alberto, son fils et Lisa, sa petite fille de 8 ans (au début de la guerre). Sur la guerre, comment il s’en est sorti, comment il a retrouvé les siens après le massacre, un jour de grand orage. Sur la vie qu’avait la petite fille en dessous avec ses congénères : se terrer le jour sous terre et sortir la nuit à la rechercher de nourriture.

Tous les matins depuis 8 ans, il tourne les boutons de sa vieille radio dans l’espoir d’entendre un message de fin de guerre… mais il n’arrive que des grésillements durant 8 ans, jusqu’au jour où des mots se font entendre……

Je n’en dirais pas plus…. J’en ai déjà trop dit !!!.....

Ce que j’en pense :

Une double narration alternant sur des chapitres courts : la position du vieil homme qui raconte ce qu’il vit avec le sujet « je ». Et la position du narrateur, rapportant essentiellement les évènements que vit la petite fille, avec le sujet « elle ».

Nous ne savons rien « des autres », nous ne savons rien de la guerre et pourtant cela ne gêne en rien la lecture. L’auteur est allé à l’essentiel, l’amour naissant entre les deux protagonistes. On ne se focalise que là-dessus, il laisse le reste à notre imaginaire et cela ne m’a vraiment pas perturbé….

Une belle histoire. C’est tendre, rempli d’amour et de sensibilité, assorti d’un concentré d’émotions qui nous saisi à chaque page. On ressent toutes les émotions, de joie, de tristesse, de colère, de peur que vivent Monsieur Papi et Lumière. Le tout assorti d’une note d’humour comme l’auteur sait très bien s’en servir.

A travers cette rencontre, l’auteur en profite pour aborder plusieurs thèmes, la vieillesse, la mort, la cruauté humaine, et le bonheur fait de choses insignifiantes à nos yeux, et pourtant…..

Encore une fois Massarotto m’a séduite et m’a fait rêvé le temps de ses qq pages. Ce fut un moment très agréable de lecture que je recommande chaudement.

Un seul point négatif : Ce livre se lit très vite, qq heures à peine, il est beaucoup trop court à mon goût, j’en aurais voulu encore…. Mais peut être est ce aussi cela qui fait son charme !

Merci Monsieur Massarotto pour ce délicieux moment !......

Ensuite ?

Ensuite, Monsieur Massarotto nous fait l’honneur pour la seconde fois de venir discuter en direct avec nous sur le forum de Livraddict, je ne manquerais pas d’être présente car j’ai qq petites questions à lui poser !!!!!

Et puis ensuite… il me reste 100 pages blanches à lire, je pense que je vais rapidement m’atteler à le trouver et le rajouter à ma PAL !!!!!

Extrait p 90 de la dite édition :

- (…) Tu buvais chaud dans les égouts ? Non ? Oh, quel malheur… tu veux dire que tu n’as jamais connu le plaisir d’un petit déjeuner d’enfant ? Avec le lait du chocolat et des biscuits ? Oh ma pauvre, pauvre petite fille ! Tu verras, quand la guerre sera finie, le plaisir de tremper un biscuit dans son lait, son thé ou son café… C’est toute une histoire, une merveille de la nature ! Le plus difficile, dans l’exercice, c’est de bien doser le temps de trempage du biscuit. Pas assez longtemps, et le breuvage n’a pas pénétré le biscuit qui demeure croustillant, enlevant tout intérêt au trempage, lui retirant même sa raison d’être. Si le biscuit trempe trop longtemps, par contre, c’est la catastrophe : il se délite, tu connais le verbe déliter ? Cela signifie qu’il se désagrège, bref peut importe le mot, le biscuit devient une sorte de bouillie, ne laissant d’autre solution que la triste et désespérée tentative de repêcher quelques malheureux bouts à l’aide d’une petite cuillère. Heureusement, cette tragédie du sur trempage de biscuit laisse tout de suite place à une nouvelle tentative qui se révélera peut être celle du biscuit parfaitement trempé, celui dont on se demande s’il ne va pas se déliter durant le trajet entre le bol et la bouche, mettant en péril un pantalon ou une chemise fraîchement enfilés, mais non, le biscuit parfaitement trempé arrive jusqu’à la bouche en une seul morceau, pour, à la milliseconde près, s’effondrer comme un miracle sur la langue et libérer un tourbillon de bonheur. Heureux parmi les hommes, celui qui parvient à maîtriser le trempage de biscuit ! »